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Vitrail et couleurs

« Le vitrail peut être considéré comme un art de la couleur pure. » Louis Grodecki

 

  L'art médiéval dans son ensemble est régi par un code des couleurs qui est essentiellement religieux. Le vitrail, art sublimé en France à cette époque, n'échappe donc pas à la règle, même si, notamment du fait de la hauteur des panneaux posés (et donc, de leur moindre visibilité dans le détail...), les maîtres verriers de l'époque ont pris, dès le début, une certaine liberté avec les règles établies par l'Église. Artisans possédant un savoir-faire indéniable, ils ont pu devenir artistes, en partie en s'affranchissant des cadres dictés...

La symbolique des couleurs dans le vitrail

  Le vitrail s'est développé grâce à la diffusion de la foi chrétienne, sans doute utilisé comme un moyen d'évangélisation et de mémorisation de l'histoire biblique. Il a en repris aussi les codes de couleurs :

  • le violet, pour le deuil, car il illustre la Passion du Christ. Cette couleur est donc réservés à sa robe,
  • le bleu, pour la chasteté et l'innocence, la couleur de la robe de la Vierge Marie. De même, plantant un décor plein de candeur, on remarque que beaucoup de scènes bibliques peintes sur verre, aux XIIe et XIIIe siècles, furent dessinés sur un fond bleu...
  • Le vert, couleur de la couronne de Jésus, mais aussi de sa croix, évoque l'humilité. Ce n'est qu'au XVIe siècle, avec le style Renaissance et la recherche de l'hyper-réalité (les scènes dessinées sur les vitraux seront à cette époque, que cette couleur retrouvera sa signification la plus évocatrice : celle de la nature.
  • Le jaune, depuis les débuts de l'ère chrétienne, évoque la traîtrise et du mensonge. C'est la couleur de la robe de Judas qui a trahit Jésus... À une exception près, lorsqu'il devient or, il devient symbole de la lumière céleste, cette lumière qui inonde les vitraux les plus anciens...
  • Le rouge est amour et charité. C'est la sang du sacrifice de Jésus et il appelle au divin par la souffrance et le martyr. Dans l'iconographie du vitrail, on le trouve donc sur la robe de saint Jean...
  • La couleur orange n'arrive dans le vitrail qu'à partir de la Renaissance. Mais, comme le jaune, sa signification n'est pas la même selon sa brillance et sa teinte dominante : s'il tire vers le jaune, il évoque le mensonge, s'il ses reflets sont roux, c'est la disgrâce, et s'il tend vers l'or, c'est alors l'union de l'homme et de Dieu.
  • Quant au gris cendre, il n'est jamais présent sur les vitraux avant le XIXe siècle. Se rapprochant du noir, il a longtemps été considéré comme une non-couleur, il pose donc le trouble et les dualités Bien/Mal, Bon/Mauvais... De plus, visuellement, sans compter qu'il se distingue difficilement des dessins à la grisaille et du sertissage au plomb, c'est une couleur qui a du mal a laisser passer la lumière, voire, elle la filtre.

  Enfin, les panneaux de style roman étant de plus petite taille, les créateurs ont largement compensé par l'éclat des couleurs...

  Une problématique atemporelle dans le vitrail, car elle illustre techniquement et artistiquement la difficulté de se poser, soit en artisan, soit en artiste, ou revendiquant les deux à la fois. De tous temps, les maîtres verriers ont été des bâtisseurs : de la même manière qu'un maçon, qu'un tailleur de pierre ou qu'un ferronnier, ils aident à fermer un édifice. Artisans ils sont, indubitablement. Des règles alors s'imposent : s'ils travaillent sur une église, on leur impose les couleurs et leur liberté sera réduite. Mais rendus à la vie civile, sortant d'un cadre religieux, ils peuvent laisser libre cours à leur imagination et s'affranchir des codes de couleurs, plus ou moins, selon le poids du patrimoine et de l'histoire qui sommeille souvent en chacun... Artiste alors, le créateur de vitrail , qui sera souvent passé par l'étape de restauration de vitraux avant de s'ouvrir à la création, pourra alors dépasser ces dictates anciens de la couleur pour utiliser celles de son choix en toute liberté.

La couleur, toujours la couleur

  La plupart des vitraux sont colorés, et cela nous paraît même tout naturel, ce qui n'est pas forcément le cas pour la photographie, que certains vont même jusqu'à qualifier d'art uniquement lorsqu'elle est en noir et blanc... Mais c'est l'essence même du vitrail que d'être coloré, au-delà de la symbolique que peuvent porter les couleurs. Un vitrail est une œuvre d'art, qui, plus que pour tout autre forme artistique, joue avec la lumière, s'en nourrit et s'en détache. L'histoire de la peinture sur verre en est inséparable, et, plus loin encore, l'histoire du verre lui-même, qui, passant de l'opacité à la transparence donne à l'homme l'impression de changer de couleur...

  Dans l'art du vitrail actuel, même si avec les siècles, les artistes ont réussi à se dégager à leur manière de l'empreinte de la symbolique du passé, la couleur est toujours omniprésente. Mais quelle qu'elle soit, chargée d'un symbole ou non, le but essentiel de l'utilisation de la couleur dans le vitrail n'est-il pas de jouer avec la lumière à travers un panneau de verre serti pour atteindre le Beau ?

 

scribium.com

 

 

 

Tag(s) : #vitrail, #couleurs, #art, #symbolique, #opacité, #transparence, #maîtres verriers, #bâtisseurs, #lumière, #Lire la suite

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